Comment prendre soin de la santé mentale de vos collaborateurs ?

  • De Mickael Vandepitte
  • Le 5 juillet 2022

La semaine dédiée à la Qualité de Vie au Travail a eu lieu en juin 2022. Ayant pour thème Le sens au travail, elle interroge logiquement la place de la santé mentale dans les entreprises. Le sujet est resté longtemps tabou dans nos vies professionnelles comme personnelles. Mais la pandémie a permis de le remettre sous les feux des projecteurs. Stress, burn-out, quête de sens, charge mentale, management toxique… Comment les employeurs peuvent-ils prendre soin de la santé mentale de leurs collaborateurs ? Quelles sont les ressources à leur disposition ? Comment en faire un axe fort de sa marque employeur

Santé mentale et Qualité de Vie au Travail

Qui dit santé mentale en entreprise, dit QVT – Qualité de Vie au Travail. Selon la définition officielle, cette dernière correspond à “un sentiment de bien-être au travail perçu collectivement et individuellement. Elle englobe l’ambiance, la culture de l’entreprise, l’intérêt du travail, les conditions de travail, le sentiment d’implication, le degré d’autonomie et de responsabilisation, l’égalité, le droit à l’erreur accordé à chacun, la reconnaissance et la valorisation du travail effectué”.

Lancer une démarche QVT peut donc jouer positivement sur la santé mentale des salariés. En effet, de manière générale, 15% des Français montrent des signes d’un état dépressif* (en augmentation par rapport à l’avant pandémie). 25% ont des troubles anxieux, 67% déclarent avoir des troubles du sommeil et 11% ont eu des pensées suicidaires au cours de l’année.

Et pour faire un zoom plus précis sur le travail, le cabinet Empreintes Humaines (spécialisé dans la QVT) avance des chiffres qui vont dans le même sens. Dans la 9ème vague de son baromètre sur l’état psychologique des salariés français, ils sont 41% à montrer des symptômes de dépression et d’épuisement en février 2022 (+3 points par rapport à octobre 2021). Cette étude montre également que certaines catégories sont plus à risque : citons les femmes, les moins de 29 ans et les managers… sans oublier la fonction RH, qui atteint un pourcentage record de 64%.

Employeur, garant de la santé mentale des salariés ?

En entreprise, la santé mentale revient souvent sur le devant de la scène lors d’événements tragiques. Il n’en demeure que les employeurs sont plutôt invités à prendre le sujet à bras le corps de façon continue. L’attention portée à ses collaborateurs doit en effet se faire à chaque instant, pour prévenir plutôt que guérir. Également pour enclencher un environnement de travail plus sain, d’autant plus dans un contexte de crise sanitaire.

Les salariés du privé sont ainsi 3 sur 4 à considérer que l’employeur est garant de leur santé mentale*. Ayant intégré ces enjeux, les organisations misent davantage sur la QVT, d’autant qu’elles ont vite compris les bénéfices associés. En interne d’abord : en travaillant sur l’environnement, le management et la bonne communication, les équipes sont plus impliquées, investies, présentes. Pas étonnant que 95% des dirigeants et 98% des délégués du personnel fassent le lien entre santé et productivité selon ce sondage.

Mais travailler sur l’environnement de travail, la gestion du capital humain et la QVT, c’est aussi travailler son attractivité employeur. Dans un contexte où il est de plus en plus difficile de recruter, c’est un argument qui intéresse pour permettre de se démarquer et d’éviter un turnover important. Car santé mentale et fidélisation des talents semblent liées. Les salariés sont 80% à penser qu’une entreprise qui propose des services de santé incite à travailler plus longtemps pour celle-ci*.

Enfin, n’oublions pas que les consommateurs privilégient des marques qui prennent soin de leurs collaborateurs. Plus qu’une opération de communication, c’est une stratégie d’image sur le long terme qui se joue. 78% des dirigeants et 83% des représentants du personnel pensent ainsi qu’une entreprise qui met en place une politique globale d’accompagnement santé est une entreprise qui veut améliorer son image, toujours selon cette même étude de 2021.

Comment les employeurs peuvent-ils adresser le sujet de la santé mentale à leurs salariés ?

Briser le tabou

Il y a d’abord un travail pour démystifier le sujet et créer un climat de confiance et d’écoute favorable.

Encore trop de collaborateurs considèrent qu’il est difficile de parler de santé psychique au sein de son entreprise et à son manager. 3 collaborateurs sur 5 n’annonceraient pas leur maladie mentale à leur employeur, toujours selon la même étude (18% affirment même “pas du tout”). Et ils sont plus de 7 employés sur 10 à penser que leur manager serait gêné en apprenant celle-ci.

Sonder les équipes

Et pour aller plus loin, mener des enquêtes internes et anonymes peut permettre de détecter les tensions, les points bloquants, les facteurs de stress et les axes d’amélioration. Le faire de façon régulière permet, de plus, de mesurer l’amélioration ou la dégradation de la santé des collaborateurs.

Ce qui compte ? Avoir une ouverture d’esprit et une capacité à recevoir les résultats pour mettre en place un plan d’actions. Au risque de décevoir les collaborateurs et de raviver les tensions si aucun chantier n’est lancé.

Encourager le dialogue, notamment avec les managers et la direction

Les experts en QVT sont unanimes : la communication est essentielle pour accompagner les salariés dans leur épanouissement professionnel. Encore plus important sachant que l’engagement et la motivation au travail sont devenus des enjeux majeurs pour toute entreprise. En partageant notamment la vision et les ambitions de l’entreprise, vous contribuez à donner plus de sens au travail des collaborateurs. Or, c’est une question que ces derniers se posent à 92% selon une enquête de 2022*.

Exemplarité, impact positif, flexibilité, feedbacks : plus les employeurs se montrent à l’écoute et ouverts, plus la relation devient saine… et sereine.

Améliorer l’environnement de travail

L’environnement recoupe de multiples dimensions. Cela peut aussi bien concerner l’aménagement des espaces de travail que des règles de bonne conduite sur les moments de collaboration entre pairs ou encore le temps de travail. Là encore, la bonne communication et l’écoute sont clés pour imaginer des initiatives de façon collaborative et donner l’envie du changement.

La question de la déconnexion peut également être une réponse à la charge mentale des collaborateurs. Avec des moments “off”, vous favorisez la concentration, sans culpabilisation. N’oublions pas que le télétravail tend à montrer ses limites en ce qui concerne l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Se faire aider

Avoir recours à des ressources externes peut vous permettre de concrétiser vos engagements et d’accompagner pleinement tous vos collaborateurs. Ces ressources externes peuvent être une plateforme d’écoute, des psychologues ou proposer des formations aux équipes managériales. Le fait même d’avoir des interlocuteurs extérieurs peut aider à améliorer la situation et à bien communiquer.

Vous l’aurez compris, la question de la santé mentale est un chantier important pour les employeurs. Si elle aide à recruter et fidéliser les talents, elle participe également à la performance des équipes et améliore l’image de l’entreprise. Parce qu’il s’agit d’un vaste sujet, qui implique une transformation de l’intérieur, rien ne vaut un accompagnement externe pour faire de ce sujet un pilier de sa stratégie de marque employeur et tenir bon, même en période d’incertitudes.

Quelques-unes des sources citées dans cet article (indiquées par une étoile *) :

  • Santé Publique France – Comment évolue la santé mentale des Français pendant l’épidémie de COVID-19 – Résultats de la vague 34 de l’enquête CoviPrev
  • Sondage Psychodon Opinionway santé mentale et travail
  • Le blog de Concilio, les clés de votre santé – La santé des collaborateurs : un enjeu majeur pour l’entreprise
  • Planète Grandes Écoles – Les salariés Français à la quête de sens au travail