Soft skills et nouveaux modes de Recrutement

  • De Bernard Gauvignon
  • Le 13 mars 2019

Dépassé le modèle du recrutement réalisé uniquement à l’aune des compétences techniques mesurables et quantifiables. La culture « à la française » du diplôme fait place à une nouvelle vision qui fait la part belle à la personnalité du candidat. Les recruteurs ont bien compris que les soft skills (ou compétences douces), sont vecteur d’agilité, de créativité et d’adaptabilité pour les entreprises confrontées à des marchés en perpétuel changement.
Parallèlement les techniques de recrutement ont largement évolué en une décennie…  Tour d’horizon…

Les soft skills en pointe

Il y a encore quelques années, lorsque les experts parlaient de GPEC, les traditionnels savoir, savoir-faire et savoir-être étaient peu ou prou positionnés sur le même plan. Les innovations numériques, les nouvelles technologies, les plateformes d’intermédiation ont fondamentalement fait bouger les lignes. Les compétences comportementales et savoir-être sont aujourd’hui regardées à la loupe et sont devenues des critères hyper déterminants lors de toute campagne de recrutement. Elles ont pris le pas sur tous les autres types de compétences. Elles sont d’autant plus indispensables que le monde économique et particulièrement celui de l’entreprise vit dans une logique de transformation quasi permanente.

Ce constat est vrai pour presque tous les métiers à l’exception, bien sûr, des emplois d’experts. Pour ces derniers, connaissances fondamentales ou savoir-faire pointus restent encore primordiaux. Pour tous les autres métiers, les compétences techniques ne suffisent plus et les recruteurs l’ont bien intégré : empathie, vision, confiance en soi, relationnel ou capacité d’adaptation, créativité font partie de ces compétences douces qui vont faire qu’un recruteur va choisir une personnalité plutôt qu’un ensemble de connaissances théoriques.

Montaigne n’était-il pas un peu précurseur en affirmant déjà au XVI siècle dans ses Essais « mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine ».

Les soft skills contribuent fortement à la performance collective. Elles véhiculent et font vivre plus concrètement les valeurs et la culture de l’entreprise. En cela, elles renforcent la cohésion, la motivation et la confiance, critères indispensables à la performance globale. Plus la confiance est grande envers l’entreprise, plus les collaborateurs auront tendance à penser que les décisions prises vont dans le sens de l’intérêt général.

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Nouveaux modes de recrutement

D’abord, axiome de base : attention, sur le fond, rien n’a changé : pour qu’un recrutement soit réussi, il est indispensable que les attentes du candidat correspondent aux besoins et intérêts de l’entreprise.

Ensuite, les candidats sont devenus aujourd’hui des clients qu’il faut séduire. Sur certains marchés, comme celui de l’informatique et des nouvelles technologies, les employeurs peinent à dénicher les talents. Il faut vendre l’entreprise aux candidats qui, très souvent, ont le choix entre plusieurs postes.

Cela est d’autant plus vrai pour les nouvelles générations, millennials en tête, dont les valeurs et les priorités n’ont plus rien à voir avec celles de leurs aînés. Ces jeunes générations s’inscrivent dans un besoin d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, recherchent l’authenticité et la transparence et ne peuvent vraiment s’engager qu’en trouvant un sens à leur travail et à leurs missions. Ils n’ont jamais connu le monde sans internet et sans smartphone. Pour les attirer, votre entreprise devra obligatoirement renvoyer l’image d’une société « digital native ». En revanche, ils seront de véritables boosters de performance s’ils évoluent dans un cadre propice à leurs besoins d’épanouissement.

L’attractivité d’une entreprise passe aussi par une stratégie réussie autour de sa Marque Employeur. C’est la vitrine qui doit renvoyer une image moderne et « branchée » pour attirer les candidats, d’abord pour qu’ils aient envie de postuler et ensuite de la rejoindre.

Enfin, pour être efficace, le recruteur est dans l’obligation de démultiplier ses sources : optimiser son sourcing, être hyper présent sur les réseaux sociaux, mettre en avant un vrai marketing RH et déjà réfléchir sur les outils de demain matin, comme les chatbox conversationnels, la reconnaissance faciale ou l’IA.

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