Congés payés : panorama européen et mode d’emploi

  • De Dan Jayes
  • Le 5 août 2022

En France, la loi permet aux salariés de poser 25 jours de congés par an, auxquels viennent s’ajouter 11 jours fériés. Souvent considérée comme chanceuse, qu’en est-il des pays voisins ? Dans cet article, découvrez un panorama des droits en matière de congés payés en Europe et un zoom sur les congés en France.

Les congés des pays européens : panorama

Avant de faire les calculs, il est important de bien définir ce que nous entendons par congés payés. En effet, chaque pays a une législation propre qui peut amener à nuancer les palmarès. Et pour peu que l’on prenne en compte ou non les jours fériés ou des dispositifs spécifiques, cela peut changer le classement.  

Les congés payés sont un droit accessible à tout salarié, quel que soit son salaire, sa qualification ou son temps de travail. Ce sont des vacances annuelles où le salaire est maintenu quelle que soit la politique de rémunération. Ils font leur apparition dès 1905 en Allemagne, puis suivront l’Autriche-Hongrie et les pays scandinaves. La France, bien que proposant des jours de repos au cas par cas, légifère plus tard. C’est en 1936 qu’elle instaure le principe de 15 congés payés par an.

Aujourd’hui, en Europe, les pays sont sur une base comprise entre 20 et 25 jours ouvrés de congés payés par an. Du côté des extrêmes, l’Espagne est la plus généreuse avec 30 jours quand la Lettonie n’en compte que 13 et Malte…9. Si des différences notoires existent, elles sont bien souvent équilibrées via les accords entreprises qui complètent les dispositifs avec des jours supplémentaires offerts.

À cela, s’ajoutent les jours fériés, d’origine religieuse ou historique pour la plupart. Le Danemark et les Pays-Bas en ont 9 quand la Slovaquie en cumule 15. Notons que certaines régions ont des régimes différents. En Allemagne par exemple, la Bavière comptabilise 12 jours quand Berlin n’est qu’à 10. En France, l’Alsace-Moselle bénéficie de 2 jours supplémentaires – le 26 décembre et le vendredi saint. Dans certains pays, si un jour férié tombe un jour qui n’aurait pas été travaillé, comme un dimanche, les salariés bénéficient d’un jour compensatoire. C’est notamment le cas du Luxembourg ou de Malte.

Les jours de congés supplémentaires

Bien souvent, les comparateurs de congés s’arrêtent à ces deux types de jours chômés. Mais il est intéressant de voir que des jours supplémentaires existent dans certains pays. Par exemple, le jour menstruel en Espagne ou les RTT en France. Pour rappel, la Réduction du Temps du Travail a été approuvée avec la loi Aubry en 1998. Cette loi a fait passer la semaine de travail de 40 heures à 35 heures. Le principe est alors de pouvoir poser des jours compensatoires pour les heures supplémentaires effectuées. Les conditions sont plus strictes et définies dans les accords entreprises. Souvent, ces jours ne sont pas cumulables et doivent être répartis sur l’année.

Dans le même sens, la semaine de 4 jours questionne de nombreux pays en Europe comme la Belgique, l’Espagne ou l’Islande.

Enfin, certaines entreprises ont mis en place un principe de “congés illimités”. Les salariés sont libres de poser les jours qu’ils souhaitent, quand ils le souhaitent. Venue des Etats-Unis, cette pratique propose d’inverser le rapport aux congés. L’idée étant d’organiser son temps pour être performant et productif, à une échelle individuelle comme collective. C’est surtout une façon pour les employeurs d’attirer et de fidéliser les salariés, face à la pénurie des talents que nous connaissons actuellement.

Si nous regardons le “temps de travail effectif”, la France a travaillé en moyenne 1680 heures par salarié à temps plein en 2019. En 1999, elle travaillait 1955 heures. Une des durées les plus faibles en Europe (où la moyenne est de 1846 heures), derrière cependant la Suède.

D’un point de vue du salaire, il est intéressant de noter que beaucoup de pays accordent des primes vacances ou une majoration du salaire journalier. C’est le cas de la Suède ou de l’Autriche qui offre un “pécule de vacances” soit un 14ème mois.

Poser ses congés payés : mode d’emploi

En France, le processus pour prendre des congés payés est cadré. Il est en effet défini par la loi et complété par la convention collective, un accord d’entreprise et/ou le CSE.

La communication interne est clé pour permettre à chacun de prendre des congés tout en assurant une continuité de l’activité. Il est important de faire comprendre aux salariés qu’ils ont une responsabilité vis-à-vis de l’entreprise et des équipes et qu’ils n’ont pas le dernier mot.

De façon générale, un salarié, dès son entrée en entreprise, acquiert des droits aux congés payés, à hauteur de 2,5 jours ouvrables par mois. Notons qu’un jour ouvrable comprend tous les jours de la semaine, du lundi au samedi. Il est plus courant de compter en jours ouvrés, cela portant alors les droits à hauteur de 25 jours de congés par an. Pour bien suivre et gérer les droits aux congés, les jours pris et / ou restant, un logiciel RH semble indispensable. Effectivement, un outil digital permet de gérer aisément les absences et congés de manière centralisée et facilite la gestion des règles de calculs légales.

Quand prendre ses jours de congés payés ?

Une prise de congés est soumise à l’accord de l’employeur. Celle-ci peut s’étendre ou non sur toute l’année mais doit obligatoirement comprendre la période du 1er mai au 31 octobre. Cela permet de prendre en compte la baisse de l’activité en période estivale et d’uniformiser les temps forts.

En général, c’est le salarié qui informe son manager des jours souhaités. En cas de refus, l’employeur doit alors lui proposer de nouvelles dates. En cas de fermeture de l’entreprise (en période estivale par exemple), l’employeur doit informer ses collaborateurs au moins un mois en avance.

Pour permettre la continuité de l’activité, la loi a défini des critères pour fixer l’ordre des départs. La situation familiale, l’ancienneté et l’activité chez un ou plusieurs autres employeurs permettent d’être prioritaire.

Il est désormais possible de poser ses jours de congés dès son arrivée dans l’entreprise. Toutefois, la condition est d’avoir déjà cumulé un mois de travail pour avoir des jours ouverts. De plus, le Compte Épargne Temps permet au salarié de bénéficier d’une rémunération en l’échange de congés ou repos non pris. Un principe bien utile lorsque le mois de mai arrive et que les collaborateurs réalisent qu’ils ont encore beaucoup de jours.

Ce panorama européen montre que la France est un pays bien loti en matière de droits aux congés payés. En clarifiant et simplifiant au maximum les process, les collaborateurs peuvent profiter ainsi sereinement de leurs vacances pour se reposer et revenir plus performants au moment notamment de la rentrée.