Réforme de la Formation 2018 : un pont vers l’avenir

  • De Lucie Dugua
  • Le 11 décembre 2018

Réforme de la Formation : une bataille des compétences

Lors de la dernière cérémonie des BFM Awards, la ministre du Travail Muriel Pénicaud le rappelait : Il s’agit d’une véritable « bataille des compétences » que le gouvernement a engagé. A cette occasion, elle a rappelé que près d’1,3 million de jeunes dans notre pays ne sont ni à l’école, ni à l’université, ni en apprentissage, ni en emploi. Absurdité économique et sociale au moment le manque de compétences est de plus en plus criant pour les entreprises notamment pour celles dont les métiers sont en mutation rapide.

15 milliards d’euros : c’est la somme que le gouvernement va mettre sur la table pour relever Le défi de demain, celui de la compétence. Cible prioritaire : les jeunes, les demandeurs d’emplois mais aussi tous les salariés et notamment ceux qui occupent des métiers en profonde évolution.

Pour ces derniers, l’enjeu est crucial. Les mutations technologiques, la révolution digitale ou l’intelligence artificielle vont tout transformer des 10/15 ans qui viennent. Les salariés de demain sont déjà dans l’entreprise, elle doit les former car il sera difficile d’en trouver à l’extérieur. Bras armé de la compétence, les services formation sont donc en première ligne. C’est pour eux que cette réforme a été pensée.

Les points clés de la réforme de la formation

Zoom sur quelques points clés du nouveau dispositif :

  • La loi se nomme « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». Le projet du salarié est l’un des socles de la réforme. Plusieurs leviers vont lui permettre de construire son projet et de financer ses formations : le conseil en évolution professionnelle (CEP), un CPF de transition professionnelle (exit le CIF), l’entretien pro pour vendre son projet, se faire accompagner et financer par l’employeur. A noter que le panel des acteurs assurant le CEP, APEC et autres, va s’ouvrir à des opérateurs régionaux.

 

  • Un CPF, désormais en euros, permettra, y compris via une application mobile fournie par la Caisse des Dépôts, de faire le choix d’une formation adaptée et de la payer directement sans passer par une aide tierce. C’est 500 euros annuels qui pourront être abondés par l’entreprise. Le salarié disposera ainsi d’un vrai « pouvoir d’achat ».

 

  • Les contrats d’apprentissage et les contrats de professionnalisation vont fusionner, les modalités de gestion seront identiques. C’est une vraie avancée en termes de clarté et d’opérationnalité. Le contrat de professionnalisation retrouve ainsi sa vocation initiale : aider à l’intégration dans le monde du travail. A noter que l’apprentissage sera dorénavant possible jusqu’à 29 ans. Par ailleurs, un nouveau contrat « Pro-A » fournira au salarié la possibilité de suivre un parcours de formation en alternance, tout en gardant sa rémunération et son contrat dans l’entreprise.

 

  • L’état nationalise la formation et reprend la main. Le paritarisme est mis en sommeil. La gouvernance sera assurée autour d’un organisme central : France Compétences. Le Copanef, le Cnefop ainsi que le FPSPP sont fusionnés dans cet organisme central. Ce nouveau dispositif fait donc le choix de la transparence dans la gestion des fonds destinés à la Formation. Tout cela sous la surveillance de la Caisse des dépôt et Consignations. L’URSSAF assurera d’ici deux ans la collecte à la place de OPCA dont les conseillers pourront désormais se concentrer sur leur mission principale : apporter du conseil aux entreprises.
    Les prestataires de Formation devront être agréés par une commission de France Compétences pour figurer sur la liste des organismes certifiés dans le cadre du CPF (exit la certification Datadock des OPCA). Nous assisterons sans doute à une baisse progressive des prix du marché.

 

  • En matière de financements externes, les possibilités seront plus limitées qu’auparavant. Il va falloir notamment se tourner vers des institutions qui mettront en place certains financements très ciblés, comme Pôle Emploi, les Régions ou les Direccte. Aux responsables de formation d’être habiles.

Un SIRH pour une vision globale

Dernier point : n’oubliez pas que la mise en œuvre d’un SIRH ou plutôt d’un logiciel RH de Gestion des Talents est aujourd’hui un passage obligé. Au-delà de l’automatisation des tâches administratives, ce type d’outil va surtout permettre de lier les problématiques liées à la gestion de la Formation, la gestion des compétences & des entretiens, etc. pour une vision globale et systémique de la politique RH. L’apport de l’IA et du BIG DATA est en train de donner encore une nouvelle dimension à ces systèmes. Certaines solutions spécialisées comme Fœderis, éditée par le Groupe éponyme, sont, dans ce domaine, particulièrement performantes.

Décryptez la réforme de la formation

Cette réforme de la formation marque une vraie rupture dans le Système de formation à la Française. Quelques ouvrages décryptent en détail les enjeux de ce nouveau dispositif. L’un deux le fait de fait d’une manière très pragmatique et pédagogique. Il s’agit de celui écrit par Alain Frédéric Fernandez « La Réforme de la Formation Professionnelle » publié aux éditions ESF Sciences Humaines. Nul doute que vous y trouverez de précieux conseils pour tirer profit de cette réforme.

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